Santé et sécurité au travail
Deux familles de risques, aucune n'est accidentelle
La coiffure n'est pas un métier à accidents graves, et c'est ce qui rend sa prévention difficile : les atteintes s'installent lentement. Deux familles dominent.
Le risque chimique d'abord, lié aux colorations, décolorants, produits de lissage et shampooings techniques. Il se traduit par des dermatoses des mains, des eczémas de contact et des allergies respiratoires, qui peuvent devenir invalidantes et mettre fin à une carrière.
Le risque postural ensuite : station debout prolongée, bras maintenus en hauteur, gestes répétitifs. Il produit des troubles musculo-squelettiques aux épaules, à la nuque et au dos, ainsi que des troubles circulatoires des membres inférieurs.
Le document unique, votre point de départ
Dès le premier salarié, vous devez formaliser l'évaluation des risques de votre salon dans un document unique, et le tenir à jour. Ce n'est pas une formalité administrative : c'est le support qui structure votre plan de prévention et qui sera examiné en cas de contentieux ou de maladie professionnelle reconnue.
Les mesures qui fonctionnent
Contre le risque chimique : fournir des gants adaptés aux manipulations, assurer un renouvellement d'air suffisant au poste de travail, stocker les produits dans un local ventilé, et conserver les fiches de données de sécurité des produits utilisés.
Contre le risque postural : régler les hauteurs de bacs et de fauteuils, alterner les tâches sur la journée, prévoir des assises pour les temps de pause, et former aux bons gestes dès l'apprentissage. La formation est le meilleur levier sur ce point, parce que les habitudes posturales se prennent tôt.
Le suivi médical
Chaque salarié bénéficie d'une visite d'information et de prévention à l'embauche, puis d'un suivi périodique. Un salarié qui développe une sensibilisation aux produits doit être orienté rapidement vers la médecine du travail : une adaptation de poste précoce évite souvent une inaptitude définitive quelques années plus tard.