Chapitre 10

Formation et apprentissage

Une branche qui a bâti son propre répertoire de qualifications, et qui recrute massivement par l'apprentissage.

Une branche qui forme ses professionnels

Le secteur recrute très largement par l'apprentissage. Le parcours type passe par un CAP puis, souvent, par un baccalauréat professionnel ou une qualification complémentaire — électricité et électronique embarquées, véhicules électriques, carrosserie-peinture.

La technologie automobile évolue vite, et la branche a fait de la formation continue un sujet structurel plutôt qu'une ligne budgétaire annuelle.

L'ANFA et le répertoire des qualifications

L'ANFA met en œuvre la politique de formation définie par les partenaires sociaux et gère le répertoire national des qualifications. C'est ce répertoire qui relie une compétence reconnue à un échelon de la classification.

Conséquence directe : dans cette branche, une qualification obtenue n'est pas qu'une ligne de CV. Elle peut déplacer l'échelon et ouvrir droit à la prime de formation-qualification. Pensez à vérifier l'échelon après chaque qualification acquise par un salarié.

Le financement

L'OPCO Mobilités prend en charge les contrats d'apprentissage et de professionnalisation ainsi que les actions de formation continue. Les niveaux de prise en charge sont révisés régulièrement selon les diplômes et les priorités de la branche.

Accueillir un apprenti

La rémunération de l'apprenti s'exprime en pourcentage du SMIC et dépend de son âge et de l'année d'exécution du contrat. Elle progresse donc à chaque changement d'année et à chaque anniversaire qui fait franchir une tranche. C'est un oubli fréquent : la revalorisation n'est pas automatique si vous ne la déclenchez pas. Le calculateur apprenti donne le montant applicable.

Prévoyez aussi du temps d'encadrement réel : un apprenti en atelier n'est pas une main-d'œuvre d'appoint, et c'est là que s'acquièrent les réflexes de sécurité décrits au chapitre santé et sécurité.

Une branche qui forme elle-même ses métiers

Les services de l'automobile se distinguent par un dispositif de formation structuré au niveau de la branche. L'ANFA, association nationale pour la formation automobile, construit les référentiels, anime le réseau de centres et pilote le répertoire national des qualifications du secteur. L'OPCO Mobilités assure le financement.

Ce répertoire n'est pas un document de principe : c'est lui qui décrit chaque qualification du métier et la rattache à un échelon de la grille. Former un salarié et faire reconnaître sa qualification produit donc un effet direct sur sa classification et sur son salaire minimum.

La formation se traduit en rémunération

C'est la logique propre à cette branche. En l'absence de prime d'ancienneté, la progression passe par la qualification : une certification validée ouvre un échelon supérieur et ouvre droit à la prime de formation-qualification, exprimée en points. Dans un secteur en tension sur le recrutement, c'est un levier de fidélisation concret, lisible par le salarié.

L'alternance, voie d'entrée historique

La mécanique, la carrosserie et la peinture s'apprennent sur véhicule réel. L'apprentissage est donc la voie d'entrée dominante : un apprenti est rémunéré en pourcentage du SMIC selon son âge et son année de contrat, avec un régime de cotisations allégé, et en contrepartie d'un temps en centre et d'un accompagnement interne. Beaucoup de salariés du secteur ont commencé comme apprentis dans l'atelier qui les emploie.

Les formations imposées par la technique

Certaines ne relèvent pas du choix : habilitation aux véhicules électriques et hybrides, attestation d'aptitude aux fluides frigorigènes, méthodes propres à chaque constructeur. Elles conditionnent la capacité de l'atelier à prendre en charge les véhicules récents.