Chapitre 3

Embauche, contrat, période d'essai

Formalités d'embauche, mentions du contrat, période d'essai, et les contrats courts qui font la respiration du secteur.

Avant le premier service

La déclaration préalable à l'embauche part à l'URSSAF au plus tard le jour de l'entrée, avant la prise de poste. Elle déclenche l'inscription au registre unique du personnel et la convocation à la visite d'information et de prévention.

Dans un secteur où l'on embauche parfois la veille pour le lendemain, c'est la formalité la plus souvent bâclée. Elle est aussi la plus facilement contrôlée, et son absence caractérise le travail dissimulé.

Le contrat doit dire le niveau et l'échelon

La mention essentielle est la classification : le niveau et l'échelon, pas seulement un intitulé de poste. « Serveur » ne dit rien d'exigible ; « niveau II échelon 1 » dit exactement quel minimum s'applique.

C'est aussi là que se joue le principal risque de rappel de salaire. Un salarié qui exerce en réalité les responsabilités d'un niveau supérieur — qui encadre, qui décide, qui remplace le responsable — peut en réclamer le salaire. L'intitulé flatteur sans les fonctions ne protège pas davantage que l'intitulé modeste. Voyez la grille et le chapitre classification.

La période d'essai

Un mois pour un employé, deux mois pour un agent de maîtrise, trois mois pour un cadre, chacune renouvelable une fois. Les cadres supérieurs en conviennent d'un commun accord.

Elle n'existe que si le contrat l'écrit. Un contrat muet signifie que le salarié est embauché définitivement dès son premier service — conséquence lourde, et erreur fréquente sur les contrats rédigés à la hâte. Le renouvellement suppose lui aussi un écrit, accepté avant le terme de la période initiale. Une absence pendant l'essai le prolonge d'autant. Le calculateur période d'essai donne la durée applicable et le délai de prévenance.

Saisonniers, extras et contrats courts

Le secteur vit au rythme des saisons et des services. Le contrat saisonnier, le contrat à durée déterminée d'usage pour les extras, le temps partiel : ce sont des outils légitimes, à condition que chaque contrat porte son motif précis.

Deux dérives coûtent cher. Un enchaînement de contrats courts qui pourvoit en réalité à un besoin permanent s'expose à une requalification en contrat à durée indéterminée, avec rappel. Et un temps partiel dont les heures complémentaires atteignent régulièrement un temps plein s'expose au même risque : voyez heures complémentaires.

Pour chiffrer l'ensemble avant de s'engager, le calculateur coût d'une embauche fait le total.