La convention collective de la boucherie, de la charcuterie et de la poissonnerie
À jour au 1 juin 2026 · Avenant n°9-B · CCN boucheries, charcuteries et poissonneries IDCC 3254 · Régime URSSAF · Source officielle Légifrance
Toute la convention, reliée à vos calculateurs
Chaque chapitre résume vos obligations (embauche, paie, congés, rupture…) et renvoie directement vers les calculateurs concernés. Cherchez un thème ci-dessous, ou filtrez par sujet. Estimation indicative, à jour des barèmes en vigueur.
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Les questions les plus posées
Combien d'indemnité de licenciement ?
L'indemnité légale vaut un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis un tiers de mois au-delà. La convention IDCC 3254 peut prévoir une formule plus favorable. Calculez le montant exact →
Quel préavis appliquer ?
La durée du préavis dépend de votre catégorie et de votre ancienneté : la CCN IDCC 3254 fixe les durées applicables, souvent plus précises que le minimum légal. Voir la durée par catégorie →
Quel est le salaire minimum ?
Le salaire minimum dépend de votre classification dans la grille de la CCN IDCC 3254, revalorisée à chaque avenant, et ne peut jamais être inférieur au SMIC. Consulter la grille des minima →
Comment calculer les congés payés ?
Vous acquérez 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, soit 30 jours par an. L'indemnité retient le plus favorable entre le maintien de salaire et le dixième de la rémunération brute annuelle. Estimer les congés payés →
Comment majorer les heures supplémentaires ?
Les heures au-delà de 35 h par semaine sont majorées de 25 % pour les huit premières puis de 50 %, sauf taux conventionnel spécifique prévu par la CCN IDCC 3254. Calculer les heures sup →
Quelle durée de période d'essai ?
La durée de la période d'essai et son éventuel renouvellement dépendent de votre catégorie : la CCN IDCC 3254 précise les durées et les délais de prévenance. Vérifier la période d'essai →
Une convention neuve, et deux textes disparus
C'est la première chose à savoir, et elle évite une erreur coûteuse. Depuis le 1er novembre 2025, la boucherie et la poissonnerie relèvent d'une convention unifiée, portant l'IDCC 3254. Elle a été signée le 24 septembre 2024 et étendue par arrêté du 29 septembre 2025.
Elle remplace deux textes désormais abrogés : l'ancienne convention de la boucherie, qui datait de 1978, et celle de la poissonnerie, de 1988. Si vous consultez une page ou un document qui présente encore l'ancien IDCC 992 comme applicable, il est périmé — et c'est fréquent, y compris sur des sites spécialisés dont les chiffres sont par ailleurs faux.
Le champ couvre la boucherie, la boucherie-charcuterie-traiteur, la boucherie hippophagique, la triperie, le commerce de volailles et de gibiers, la poissonnerie de détail et de gros, l'écailler et le traiteur de la mer. La convention est étendue : elle s'impose à tout employeur du champ, qu'il adhère ou non à une organisation patronale.
Côté patronal, c'est REMALIM qui l'a signée — une structure née du rapprochement de la confédération de la boucherie et de l'organisation de la poissonnerie — avec cinq fédérations syndicales de salariés.
Deux filières, deux grilles
L'unification a créé un tronc commun, mais elle n'a pas fusionné les classifications. La convention conserve deux filières distinctes :
La boucherie classe par niveaux et échelons, de I A à VII B, dix-huit positions au total, chacune avec son salaire minimum mensuel. C'est cette grille que ce site sert, et que détaillent la page grille de salaires et le simulateur.
La poissonnerie classe par coefficients, de 130 à 450, selon une logique différente. Elle a aussi sa propre prime d'ancienneté, que la boucherie ne connaît pas. Nous ne publions pas sa grille chiffrée : deux avenants circulent avec des montants qui ne concordent pas entre eux, et aucune source ne donne la table complète du plus récent. Plutôt que d'afficher des valeurs reconstruites, nous préférons le dire.
La classification de la boucherie, lue par les métiers
La grande qualité de cette grille est qu'elle nomme les emplois réels. On n'y cherche pas un numéro abstrait : on y trouve son métier.
Les niveaux I et II couvrent les emplois d'entrée et les postes qualifiés : plongeur, employé d'entretien, vendeur débutant, chauffeur-livreur, caissier, puis vendeur, boucher préparateur, charcutier traiteur, tripier préparateur. Le niveau III monte en qualification : boucher préparateur qualifié, boucher traiteur qualifié, ouvrier tripier, boucher charcutier traiteur qualifié. Le niveau IV distingue le très qualifié et le hautement qualifié, et place aussi le comptable.
Les niveaux V et VI relèvent de l'encadrement : responsable de laboratoire adjoint, responsable de point de vente, responsable hygiène et sécurité, assistant chef d'entreprise, responsable de plusieurs points de vente. Le niveau VII, la direction : responsable des achats, responsable d'entreprise.
Le classement s'apprécie sur le travail réellement exercé. Un salarié qui prépare, découpe et vend seul en autonomie n'est pas au même niveau qu'un préparateur qui exécute sous consigne — même si leurs contrats portent le même intitulé. C'est là que se jouent les rappels de salaire.
Les salaires minimums
La grille en vigueur résulte de l'avenant n° 9-B, qui a revalorisé l'ensemble des lignes de 1,2 % et s'applique depuis le 1 juin 2026. Elle va de 1 938 € au premier échelon à 3 933 € pour un responsable d'entreprise, en montants bruts mensuels pour un temps plein de 35 heures.
C'est la date d'effet prévue par l'arrêté d'extension, et non celle de la signature, qui déclenche l'obligation de revaloriser. Et lorsque le SMIC est relevé en cours d'année au-dessus du premier échelon, c'est le SMIC qui s'applique : les montants affichés ici tiennent déjà compte de ce plancher.
La prime de fin d'année, due à tout le monde
C'est la prime emblématique de cette convention, et elle est plus large qu'on ne le croit souvent. Elle représente 2 % de la rémunération brute annuelle et elle est due à tous les salariés : contrats à durée indéterminée comme déterminée, temps plein comme temps partiel, apprentis et saisonniers compris, et sans condition d'ancienneté.
Deux erreurs fréquentes. La première consiste à la réserver aux salariés présents au 31 décembre ou à ceux qui comptent un an de maison : rien ne le prévoit. La seconde consiste à la confondre avec un treizième mois, qui représenterait plutôt un douzième de la rémunération annuelle, soit quatre fois plus. Le calculateur prime de fin d'année fait le calcul sur la rémunération réelle.
En revanche, et contrairement à ce qu'on lit parfois, la filière boucherie ne prévoit aucune prime d'ancienneté. Le texte est explicite. Les barèmes à 3, 6 et 9 % qui circulent proviennent de pages dont la grille de base est elle-même fausse. La filière poissonnerie, elle, en a une — versée mensuellement après trois ans, et progressive jusqu'à dix ans d'ancienneté.
Trente-cinq heures, et un repos hebdomadaire taillé pour le métier
La durée du travail est de 35 heures par semaine, décomptées du lundi zéro heure au dimanche vingt-quatre heures. Les maxima sont de dix heures par jour, quarante-huit heures par semaine, et quarante-quatre heures en moyenne sur douze semaines. Les heures supplémentaires suivent les taux légaux : +25 % de la 36e à la 43e heure, +50 % au-delà, avec un contingent annuel de 270 heures en boucherie.
Le repos hebdomadaire, lui, est adapté au commerce de bouche. Il peut être donné du dimanche à partir de treize heures au mardi matin, complété par une demi-journée dans la semaine. Quand l'établissement ne travaille pas le dimanche, ce sont deux journées consécutives. C'est la reconnaissance d'un métier où le week-end est le moment le plus chargé et où le lundi est traditionnellement calme.
Les jours fériés : repos ou salaire doublé
Le chômage d'un jour férié n'entraîne aucune perte de salaire. Lorsque le férié est travaillé — hors 1er mai — la convention laisse un choix, d'un commun accord : soit un repos compensateur de même durée dans la quinzaine qui précède ou qui suit, si possible accolé à un jour de repos hebdomadaire et non fractionnable, soit une indemnité égale au salaire journalier, en sus de celui-ci — autrement dit un doublement.
Le 1er mai suit son régime propre : salaire habituel plus une indemnité d'un montant égal. En poissonnerie, le férié travaillé ouvre droit à un repos compensateur d'une demi-journée ou, à défaut, à une majoration de 25 %. Le calculateur jour férié travaillé chiffre les deux options.
Embauche et période d'essai
La période d'essai est d'un mois pour un ouvrier ou un employé, de deux mois pour un agent de maîtrise, de trois mois pour un cadre ; la maîtrise et les cadres peuvent la renouveler une fois pour un mois. Un écrit accepté par les deux parties est obligatoire, et la durée se prolonge du temps d'absence.
Attention : des sources annoncent 2, 3 et 4 mois. Le texte dit 1, 2 et 3. Voyez période d'essai et la checklist d'embauche.
Fin de contrat
Le préavis est de deux semaines en deçà de six mois d'ancienneté, d'un mois de six mois à deux ans, et de deux mois au-delà. Les cadres relèvent de trois mois. Le solde comprend l'indemnité de licenciement le cas échéant, l'indemnité compensatrice de congés payés, les éléments variables du mois, et le prorata de la prime de fin d'année — qu'on oublie souvent. Voyez préavis et rupture du contrat.
Ce que coûte un salarié
La branche relève du régime général. Le poste qui varie fortement est l'accident du travail : une boucherie de détail et un atelier de découpe en gros ne relèvent pas du même code risque, et l'écart est considérable — le métier manipule des lames, des charges et travaille au froid. Voyez le coût employeur, et la réduction générale de cotisations qui allège fortement les premiers niveaux.
En cas de doute
Trois réflexes. Vérifiez que vous vous référez bien à la convention unifiée et non à l'ancien texte de la boucherie, abrogé. Classez vos salariés sur les emplois repères de la grille, qui nomment les métiers réels. Et n'oubliez pas la prime de fin d'année, due à tous, apprentis et saisonniers compris.
Les douze chapitres de cette page reprennent la convention point par point, chacun relié au calculateur correspondant. Les montants servis ici viennent de l'avenant n° 9-B et des barèmes 2026 ; chaque valeur renvoie à sa source sur la page sources.